Inné ou acquis : est-ce en zappant qu’on devient zappette ?

« Je fais PARCE QUE je suis ou je suis PAR CE que je fais ? ».

Vaste débat, qui nous a amenées, L’électron Libre et moi, à échanger d’abord par mail sur le pourquoi et le comment de nos blogs, puis à finalement écrire ces topics croisés sur le sujet.

Toujours l’éternel débat : inné ou acquis ?

Les orientations prises à chaque étape clé de ma vie ont souvent été le fruit du hasard. Difficile de dire qu’à un moment donné, les intérêts, appétences ou aptitudes ont joué un rôle dans le cours des choses.

Orientation dans les études : choix par hasardAu collège, espagnol plutôt qu’allemand 2ème langue, parce que je suis hermétique à la sonorité de la langue de Goeth. Grec en 3ème langue, parce que tu comprends, les classes qui font latin ou grec sont plus sérieuses, c’est mieux pour préparer le brevet (elle est pas de moi celle-là …).

En seconde, choix cornélien : tu continues le grec ou tu trouves autre chose. J’ai pris informatique… Programmation Turbo Pascal… cours dispensé par le prof de maths, persuadé que si tu es là, c’est que tu es un futur doctorant en maths. Moyenne annuelle en maths : 4. Dégoût total pour la matière, filières scientifiques exclues. La pression familiale de son côté insistant lourdement pour l’évitement des filières littéraires (trop ouaouache), restait le bac B*.

Et comme ça tout du long. En bref, un petit tour en IUT, un grand détour via la fac en psychologie (clinique), un premier job par hasard dans les ressources humaines et le juridique, parce que faut bouffer, même si tu ne sais pas du tout ce que fait un RH dans la vraie vie…

Et là, la révélation, il est fait pour moi ce taf. Un savant mélange de plein de matières, situations, tâches, … toutes différentes. Zapping perpétuel, épanouissement total !

C’est possible ça, de trouver sa voie sur une suite de malentendus ?

Est-ce à dire que ma personnalité de base a conditionné mes aptitudes professionnelles ? Que l’inné a triomphé ?

Rigueur et exigence : nécessité dans les métiers juridiquesDepuis que je bosse, et particulièrement ces 5 dernières années, la rigueur et l’exigence nécessaire à l’exercice de mon métier m’ont peu à peu enfermée dans un carcan.  Pas de zestes de créativité ou de folie possibles.

Au delà de mes craintes et réflexes juridiques liés à la protection de la vie privée, et de mes données, c’est quasiment schizophrénique pour moi de m’exprimer sur les réseaux sociaux. Vous n’imaginez pas à quel point me lâcher pour cliquer sur un simple « j’aime » sur Facebook va à l’encontre de ces années professionnelles à surveiller sa mise, ses paroles et ses écrits. Où chaque mot écrit doit être pesé, mesuré, qualifié à l’aune des enjeux de responsabilité financière, civile ou pénale…

Si vous êtes arrivé jusque-là, vous pensez surement à me lire que je suis complètement sortie des clous de la ligne éditoriale péniblement accouchée dans un précédent topic. Je n’ai pas définitivement pété les plombs … La quête de la charte éditoriale ne m’a pas définitivement grillé les neurones … ou alors, il s’agit d’un cas de consommation de MOOCs sans modération, et je suis en plein delirium tremens post coma mooctylique…

En fait, je constate qu’alors que j’écris toute la journée en mode ampoulé juridique, ça devrait sortir tout seul en toute occasion. Bah non, c’est tout le contraire… dès qu’il s’agit de rédiger un topic pour le blog orienté législation, ça me prend des plombes.

Identité numérique, identité réelle,et personnalité

Et inversement, je me force parfois lorsque j’écris des mails personnels, à éviter les « Chère amie, je te confirme par la présente notre entretien en vue de dépenser des sommes indécentes dans les boutiques ce samedi à 14h30. Bien à toi ».

Alors, l’inscription au MOOC Saw, et la réalisation d’un blog, premier devoir à être évalué par les pairs(ahhh l’évaluation par les pairs),  aura été le coup de pied aux fesses qu’il me fallait, avec toutes les belles rencontres numériques que j’ai pu y faire, de blogueuses et blogueurs accueillants, sympathiques, et toujours bienveillants, pour me lâcher un peu.

Il me faut toujours un moment pour quitter mon costume « pro » pour passer dans le registre zappette, j’ai besoin d’un sas de décompression.

Ou d’une cabine téléphonique façon superman, sans le « super ».

Mais faire vivre ce blog, et les comptes associés sur les réseaux sociaux (comme je peux pour ces derniers) est une façon de retrouver un peu de moi-même.

Pas jusqu’à me pousser à écrire des « kikoolol » et autres PTDR quand même 😉

Un article ping-pong sur notre personnalité de blogueuse

Vous retrouverez la réflexion de l’Électron libre sur le sujet dans l’article : « la Forge et le Forgeron », sur son nouveau blog : Elles & Sport

 

Et vous, qu’est-ce qui prend le pas, l’inné ou acquis ?

 

* Bac B : économie. Donne une échelle de temps pour me coller un âge approximatif 😜

Cet article est composé par 2 auteurs simultanément. 
Vous venez de lire une réflexion sur le sujet, soit une partie que nous appellerons "ping". Vous pouvez compléter votre lecture sur le blog de l'auteur associé, soit la partie "pong".  Pour cela, cliquez ici.

 

 

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21 réponses

  1. Yves Blasquez dit :

    Je l’avais lu, mais le ping-pong a ravivé l’attention…

  2. italiepassion dit :

    Oui bien sûr, et aussi par l’apprentissage (en mode Mooc par exemple)… pour continuer à avancer ! 😉

  3. italiepassion dit :

    Allez, on avance on avance… Ne pas regarder en arrière, ou juste pour mesurer le chemin parcouru, et apprécier ce qui va venir.. . Waaaaooo, le bonheur de la découverte !

  4. J’adore partir dans des réflexions philosophiques comme celles-ci, mam’zelle zap ! Moi je dirai que l’acquis est concret, palpable, mais l’inné ne fait il pas le choix, le tri dans tout cela ? Est-ce que notre intime conviction, évidente parfois, n’est pas innée ? Moi je ne regarde en arrière que pour me rendre compte que c’était bien sans doute, mais que devant ça va être génial puisque inconnu. Par exemple je me suis trouvée vieille dès mes 25 ans. Pourquoi ? Un pauvre naze faisant passer des castings et me demandant à cet âge tendre pourquoi je n’étais pas chez moi à élever mes gosses ? Donc je me trouvais vieille. Je faisais des grands gestes devant les photographes, en disant non non quand dans les soirées, les réunions familiales un objectif m’incluait dans la photo à prendre. Et puis quelques années après je revoyais la photo et je me disais : « Oh ! Comme j’étais jeune, et belle, alors ! ». Donc je me dis que quand j’aurai 10 ans de plus je me dirais que sur les photos de maintenant je suis bien jeune, quelle chance ! Alors je profite, quelle chance nous avons d’être nous maintenant, pleins d’inné, d’acquis, de force : nous sommes tous des vainqueurs : sur des millions de spermatozoïdes, c’est le notre qui a vaincu et qui nous a fait. C’est pas trop de la balle, ça ? Sacré acquis, non ? Bisou à tous et merci pour ce très bel article; Je vais jeter un oeil à pong

    • Chère Nath,
      Je réponds dans l’ordre de tes lectures. Ainsi je rentre dans tes pas, je te suis. Tu dis que « l’acquis est concret, palpable… ». Je préfèrerais dire qu’il est volontaire. « mais l’inné ne fait il pas le choix, le tri dans tout ça ?… » Je te suis complètement. En effet, l’impulsion des démarches vers l’acquis ne se ferait-elle pas depuis le tremplin de l’inné ? On se dirige souvent, vers ce qui nous semble le plus facile. C’est humain. Ce qui nous paraît plus facile, n’est-ce pas ce qui est le plus évident, le plus naturel… donc l’inné. L’inné donne des dispositions, des propensions… La performance s’obtient par l’acquis.
      Somme toute, l’inné est chose acquise et pour l’acquis c’est du travail perpétuel. Mais l’origine revient toujours à l’inné. Chassez le naturel, il revient au galop. Une bonne connaissance de soi permettra de mieux évaluer les chemins qui s’offrent à nous, et ne pas emprunter une voie sans issue.

  5. D’inné et acquis, qui est le premier ? Tels la poule et l’œuf, on peut se poser la question. Une spécialiste es psychologie pourra peut-être répondre ?
    Faire des études qui nous plaisent (ou pas) ne nous ouvrent pas les portes en grand pour el monde du travail. Comme certaine psychologue, j’ai fait des études qui n’ont pas du tout correspondu à mon premier emploi. Et du premier emploi, je suis passé à un deuxième, grand tremplin vers le suivant. Et la vie étant ce qu’elle est, nous faisons des choix dont nous n’évaluons pas les conséquences.
    Regarder en arrière, oui, pour voir le chemin fait.
    Regretter le bon vieux temps, pourquoi pas s’il était si bon que ça.
    Regretter les choix que l’on a fait, NON, ce sont justement ces choix qui nous ont forgé l’âme, l’esprit, notre « moi ».
    C’est grâce à ce parcours que je peux dire :
    je fais PARCE QUE je suis
    « ET »
    je suis PAR CE QUE je fais
    !!!
    Ping envoyé en même temps que le pong (enfin presque…)

  6. Et voilà qu’à mon tour je me plonge dans la réflexion. Inné ou Acquis ?
    Et là à l’évidence c’est le hazard qui a dirigé ma vie. de A à Z. Et puis le hazard ne fait-il pas bien les choses ? Je n’ai pas beaucoup de temps pour me lancer dans le débat. Merci à toutes les deux je vais y réfléchir.

  7. CuriousCat dit :

    Bonsoir Aline,
    Et ping, je viens de mettre un « like » car j’ai goûté ce « cornet double » au parfum « liberal » et puis, c’est bien connu, la glace est très utile pour changer d’angle de vue. Je suis heureuse qu’en échangeant ainsi, avec « Electron libre », vos qualités et vos envies soient respectivement parvenues jusqu’à votre pleine conscience. Chacune a désormais « fait des pas dans ses rêves » et nous nous recevons cette poussière d’étoiles 🙂
    Belle fin de journée, @+
    Cat
    PS: WP étant très capricieux, il semble que les flux RSS soient toujours accessibles pour mes lecteurs mais, en tant qu’administrateur, je reçois le message suivant : »inaccessible, erreur de code » ? Peux-tu m’expliquer ce message ?

    • Miss Zap dit :

      Bonsoir Catherine,
      Le beau temps revenu te rend gourmande ? Merci d’avoir fait un petit tour sur notre exercice de style !
      Pour ton souci WP, j’ai testé ton flux RSS, ainsi que le mien avec Netvibes, et les 2 fonctionnent. Si tu pouvais me détailler par mail l’endroit où se situe le pépin (type copie d’écran), ça m’aiderait.
      Bonne soirée
      A+ Aline

  8. quocnghitran dit :

    Je kiff Ping et Pong, trop fort les filles (je présume qu’électron libre est féminin).
    Aux vus des parcours de mes « proches » et moins proches j’en viens à conclure que les études sont une chose et le métier (le boulot qu’on fait) en est une autre. Il semblerait que la « vie » pourvoit à nos besoins même ceux que nous ignorons. Nous devons tous emprunter le chemin qui nous est destiné…

    • Miss Zap dit :

      Bien vu, l’électron Libre est une fille. Marrant à faire ce ping pong. Des points de vue différents mais qui se rejoignent, sont complémentaires. A quand un petit ping pong Nghi ?

  9. Synchronisation réussie !

  1. 6 juin 2016

    […] Ce thème est traité par 2 auteurs en simultané. Vous venez de lire une réflexion sur le sujet, soit une partie que nous appellerons « ping ». Vous pouvez compléter votre lecture sur le blog de l’auteur associé, soit la partie « pong ». Pour continuer cette partie de tennis de table : cliquez ici. […]

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